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Rencontre avec Marion Sauveur, journaliste chez Europe 1

Simon
13 Dec 2017

Une fois par mois, nous interviewons un ou une journaliste pour mieux comprendre son métier, ses challenges, son quotidien… L’objectif est aussi de mieux saisir la manière dont les médias travaillent aujourd’hui pour mieux les approcher.

Ce mois ci nous avons interviewé Marion Sauveur, journaliste chez Europe 1.

Avant de commencer : Si vous souhaitez lire plus d’interviews de ce genre, nous vous invitons fortement à vous abonner à notre newsletter. Vous recevrez régulièrement des interviews et conseils pour vous aider à faire vos RP :

1) Pouvez-vous vous présenter ?

J’ai fait une école par alternance, l’Ecole Supérieure de Journalisme à Paris. J’étais en alternance dans une radio locale qui s’appelle radio Totem. Avant j’étais à la fac à Paris. J’ai fait un DEUG médiation culturelle et communication.

Je suis arrivée à Europe 1 en 2006 et avant Europe 1 j’ai eu un parcours de pigiste parisien. Je travaillais pour une agence de radio depuis chez moi qui s’appelait Good News Presse. C’est une agence de radio locale avec laquelle on enregistre des flashs pour les envoyer via un serveur FTP à toutes les radios locales qui n’ont pas les moyens de se payer des journalistes sur place.

J’ai commencé par arriver à Europe1.fr en tant que journaliste web. Je travaillais sur l’actu. Je suis restée 6 ans là bas. J’ai rejoint ensuite les programmes d’Europe 1 en 2012 et j’ai travaillé pendant 3 ans avec Franck Ferrand. Et puis l’année dernière j’ai travaillé avec Anne Roumanoff. J’étais rédacteur en chef de l’émission. Qui était une émission quotidienne.

Cette année je travaille à la fois avec Christophe Hondelatte où je suis auteur pour son émission et puis je travaille aussi pour les Papilles Font de la Résistance le samedi à 18h.

2) Qu’est-ce qui vous a poussé à être journaliste ?

J’ai toujours eu envie d’être journaliste au fond de moi. Je me rappelle quand j’étais en 4ème, j’avais rencontré une journaliste du magazine Elle. Quand j’avais discuté avec elle, elle m’avait dit : “Oublie ce métier. C’est un métier compliqué où tu vas travailler le week-end, où tu seras mal payée” mais ça ne m’a pas stoppé.

Derrière j’ai fait des stages de 3ème. Un à l’AFP et un à Montmartre FM (c’est MFM Radio aujourd’hui). Durant ces 2 stages j’avais vu plein de services différents.

J’avais envie de transmettre, apprendre pleins d’infos. J’ai toujours adoré les évènements en général et quand il y a un gros évènement qui se passe j’ai beaucoup de mal à décrocher. J’ai besoin de prendre un maximum d’informations, j’ai toujours aimé avoir l’info, de travailler sur des dossiers, aller au fond des sujets.

3) Qu’est-ce que vous souhaiteriez voir s’améliorer dans votre profession ?

Il y a peut être une chose qui est compliquée à gérer aujourd’hui dans mon cas par exemple comme je suis sur 2 émissions différentes c’est que je reçois des milliards d’emails tous les jours. Que ce soient des emails internes à Europe 1 ou des emails d’attachés de presse notamment pour les Papilles font de la Résistance. Du coup j’ai un flow d’emails que je m’oblige à lire ou à parcourir. Je ne les supprime pas sans les avoir lu et puis je n’aime pas voir mon inbox pleine.

Après c’est une chance aussi. Au début de mon métier lorsque je travaillais à Europe1.fr le web n’était pas le même qu’aujourd’hui. En 10 ans c’est impressionnant comme ça a changé. Le fait d’avoir ces infos par email c’est quand même une facilité par rapport à quelques années en arrière.

4) Sur quels critères décidez-vous de traiter un sujet en particulier ?

Déjà il faut que ce soit un produit nouveau ou pas très connu. Généralement je vais chercher chez les startups pleins d’infos parce que c’est elles qui apportent les nouveautés et les innovations. C’est notamment la raison pour laquelle j’avais coché la case startup au moment où je me suis inscrite sur Babbler. C’est quelque chose d’important pour moi, pour ma chronique.

J’ai besoin aussi de trouver des sujets qui soient concrets. Qui soient accessibles pour les auditeurs. Par exemple quand j’ai choisi de parler d’une mayonnaise, la mayonnaise c’est facile, tout le monde comprend de quoi on parle.

Après effectivement quand je choisis de parler d’applications, pour une certaine partie de la population c’est un peu plus compliqué. Après il y a des applications comme Too Good To Go où les commerçants vendent leurs restes, je pense que ça parle à tout le monde. C’est quelque chose de concret, d’accessible.

J’essaie aussi de faire en sorte que ce soit disponible en province.

Je cherche à alterner aussi. Je parle à la fois de produits techno après ça peut être des produits tendances par exemple j’ai parlé du cheese tea, un thé qui est très tendance dans les pays d’Asie. J’ai parlé à un moment des innovations comme un nouveau chocolat rose qui venait de sortir et qui nécessitait un processus de production particulier.

Quand il y a des produits de ce genre dont j’entends parler, je veux les mentionner dans ma chronique mais avant je veux m’assurer de les avoir goûté ou testé.

5) Sur tous les sujets que vous avez traités, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Il y en a pas vraiment un qui m’a marqué parce qu’à chaque fois il y a une histoire derrière. Peut être que la plus marquante c’était m’a première de l’année puisque c’était le lancement de l’émission qui était sur Too Good To Go.

6) Lorsque vous vous faites sollicitée par un RP, que ce soit par email ou téléphone, qu’est-ce qui fait que vous allez accepter de faire une chronique avec lui ?

Il faut déjà que ça corresponde à ma chronique. C’est pas parce qu’on m’appelle que ça marche à tous les coups. Il faut que ce soit récent. Ça peut être un nouveau produit mais il ne faut que ce soit trop industriel. Il faut que ça apporte une réelle valeur. Il y a quelque chose de très important, c’est qu’il faut que le RP sachent à qui il parle. Et ça parfois c’est leur défaut. On sent qu’ils ne savent pas quelle est la chronique et de quoi elle parle exactement. Ça montre qu’ils n’ont pas du tout écouté.

7) Qu’est-ce qui fait pour vous un bon email ?

En soit c’est toujours mieux de faire un email bien construit. Si l’email est long je vais peut être juste le parcourir.

Il y a par exemple une jeune femme australienne qui a créé une start up avec son mari qui m’a contacté il y a une semaine, son email était très long. J’ai pas du tout pris le temps de le lire, j’ai juste lu les 3 premières lignes pour savoir de quoi elle me parlait. J’ai vu que c’était une application qui pourrait peut être m’intéresser. Je lui ai répondu en lui disant que je voulais en savoir plus mais que je n’avais pas le temps de le traiter maintenant. Je lui ai demandé de me rappeler en janvier.

On a tellement d’emails, je ne veux pas perdre l’info. Je préfère répondre à la personne et lui demander de me faire un rappel plus tard. Le trop plein d’emails fait aussi que j’ai peur de passer à côté d’opportunités.

8) Est-ce que vous avez des heures particulières pour consulter vos emails ?

Non globalement, je laisse ma boîte email ouverte tout le temps donc je les consulte en permanence. Il faut donc que le sujet soit bon pour que je clique dessus immédiatement.

9) Où sourcez-vous vos informations ?

Je vais fouiller en permanence sur Twitter, sur Facebook ou même sur les sites généralistes d’infos. Il m’arrive parfois de taper des mots clés comme foodtech par exemple ce qui me permet de trouver des infos que je n’ai pas vu ou que je n’ai pas reçu.

Les réseaux sociaux me servent beaucoup quand j’en ai besoin. Les moteurs de recherche bien entendu aussi. L’AFP, Reuters.

Babbler me sert aussi beaucoup. Parfois je tape un mot clé pour être au courant de nouvelles informations.

Et puis quand on est journaliste, on est abonné à pas mal de magazines et de presses quotidiennes donc ça peut être un support qui est aussi intéressant.

Bêtement je contacte beaucoup de personnes par Facebook aujourd’hui c’est tellement simple. Je passe notamment par les pages officielles. C’est efficace mais parfois je n’ai pas de réponse de la part des startups. Je pense qu’ils ne voient jamais mes messages. Les grandes entreprises à l’inverse ont souvent un community manager dédié qui me redirige alors vers la bonne personne à qui m’adresser.

Si on ne me répond pas j’ai le réflexe d’aller sur LinkedIn pour trouver la personne à qui je peux m’adresser précisément.

10) Comment utilisez vous Babbler ?

Comme je reçois le daily digest “Qu’est-ce qu’il y a de nouveau sur Babbler aujourd’hui” dans ma boîte email, les informations viennent directement à moi ce qui est pratique quand je suis débordée.

L’avantage c’est qu’en fonction des domaines que j’ai choisi au départ, les attachés de presse qui me correspondent m’envoient des emails. Il y a une startup qui m’avait contacté via Babbler il y a quelques temps, du coup on a communiqué par message via Babbler. Je parlerai certainement d’eux dans une de mes chroniques en 2018.

Le fait de cibler mes domaines au départ me permet d’avoir les bons interlocuteurs que ce soit lorsqu’on me contacte directement ou lorsque je les contacte. Ca va beaucoup plus vite que si on devait passer par d’autres biais. Ca permet de gagner du temps de recherche. C’est un vrai point positif.