Partager

Rencontre avec Guillaume Bregeras journaliste start up pour les Echos

Simon
10 Jan 2018

Guillaume Bregeras, utilisateur de Babbler, a accepté de répondre à nos questions et de nous livrer plus de détails sur son métier et sa vie au travail.

Avant de commencer : Si vous souhaitez lire plus d’interviews de ce genre, nous vous invitons à vous abonner à notre newsletter. Vous recevrez régulièrement des interviews et conseils pour vous aider à faire vos RP :

1) Peux tu te présenter ?

Je suis Guillaume Bregeras, journaliste startup pour le quotidien des Echos.

J’ai fait une petite école de journalisme mais j’ai rapidement créé une startup médiatique dans les 90s dont l’objet était de publier et éditer un magazine gratuit sur le jazz. On éditait ce magazine en version papier avec une version en mail. On était un peu en avance sur le marché.

Suite à cela, j’ai fait une dizaine d’années de pigiste pour la presse grand public. J’ai fait un master à Science Po à l’école de journalisme. Puis j’ai rejoint le groupe Info Pro qui est un groupe de presse professionnel pour m’occuper de 3 magazines de niche notamment sur les cosmétiques de luxe. Je suis arrivé aux Echos il y a 4 ans: je m’occupais d’abord des marchés public et maintenant des startups depuis 2 ans.

2) Qu’est-ce qui t’as poussé à être journaliste ?

Il y a plusieurs raisons. La première est une raison culturelle: mes parents étaient très amateurs de presse donc je passais beaucoup de temps dans les kiosques. La seconde raison c’était davantage la curiosité sur les sujets, rencontrer des gens…

3) Sur quels critères décides-tu de traiter un sujet en particulier ?

Je me base sur deux critères : l’originalité du sujet et son intérêt pour nos lecteurs. Je traite des sujets que je n’ai pas vus dans d’autres journaux et j’essaie de mesurer l’intérêt qu’il peut avoir dans son écosystème et pour nos lecteurs.

4) Sur tous les sujets que tu as traités ces dernières années, lequel t’as marqué le plus ?

Je me souviens d’un sujet que j’avais traité pour VSD. On avait parlé des haïtiens mis en esclavage par des dominicains qui les faisaient travailler dans les champs de cannes à sucre. Il y avait une sorte de passage entre les 2 pays qui était organisé pour qu’ils puissent venir “travailler”. Ils étaient payés quasiment rien alors qu’ils faisaient des horaires de dingue sachant que le travail dans les champs de cannes à sucre est un travail très dur physiquement et qui marque le corps. On avait fait émergé le sujet et il y avait eu plusieurs reprises, notamment l’émission “Envoyé spécial” qui avait fait un documentaire.

La source était une photographe qui avait eu échos de ce sujet et qui avait passé du temps là-bas. On s’était rencontré puis on avait enquêté et on a finalement sorti le papier.  

5) Lorsque tu te fais solliciter par un RP, que ce soit par email ou téléphone, qu’est-ce qui fait que tu vas accepter de faire un papier sur lui ?

journalistes RP
Tous les emails que je reçois déjà, j’essaie de les lire et de les comprendre, que ce soit des RP que je connais bien ou ceux que je ne connais pas du tout. J’essaie aussi d’appliquer un regard juste et égal à tous, mais ce n’est pas toujours évident.

Certains communicants envoient un email et à la fin de la lecture de celui-ci, on ne sait pas de quoi il s’agit; seul le nom de l’entreprise apparaît et on ne connait pas leur actualité. Certains ont parfois du mal à définir l’actualité de l’entreprise et leur activité, notamment certaines startups. Enfin, c’est assez insupportable de recevoir un email envoyé en masse qui propose un concept innovant mais qui a été envoyé à 200 journalistes en France. Généralement, on les repère rapidement.

Un autre point irritant : recevoir un email le lundi matin, recevoir un coup de téléphone le lundi après-midi, puis un second le mardi matin. En tant que journaliste, je lis tous les mails que je reçois et si je ne donne pas suite, c’est que je ne suis pas intéressé. Un appel ou plusieurs relances ne changeront pas grand chose, au contraire c’est un peu agaçant. Certains communicants ont du mal à comprendre que parfois, leur information ne peut pas être relayée.

6) Est-ce que tu as un système pour traiter tes emails ?

J’ai un système de dossier dans lequel je filtre mes emails en fonction des rubriques et des urgences. J’ai aussi un système de rappel sur les emails urgents pour répondre le lendemain ou dans les 2 heures suivantes. Et puis j’essaie de donner un temps précis : le matin entre 7h30 et 8h30, le midi et le soir en général vers 22h. Ce sont 3 temps où je consacre au moins 30 minutes à balayer les emails. Et bien sûr, dans la journée, je traite les urgences.

Le workflow dépend de la nature du média pour lequel on travaille : quand on est sur un site internet en flux tendu, il faut être attentif et réactif tout au long de la journée. Dans les quotidiens,nous sommes obligés de nous organiser autour du bouclage quotidien. Lorsque je travaillais en hebdo ou mensuel, il n’y avait pas du tout cette mécanique.

7) Qu’est-ce qui fait pour toi un bon email ?

Dans un premier temps, il faut qu’il soit court: l’objectif est d’être accroché et d’avoir envie d’aller plus loin. Il doit aussi être factuel et décrire ce que fait l’entreprise, son actualité et pourquoi ils choisissent notre média et pas un autre. Je ne lis pas les emails longs en entier, je les parcours.

Je privilégie toujours les gens qui ont compris notre ligne éditoriale et qui comprennent ce qu’on veut faire. En général, je leur réponds plus souvent et plus rapidement aussi.

8) Quel est le futur des RP selon toi ?

Je le verrais plus du côté du conseil auprès des entreprises. L’hyper-personnalisation, le conseil plutôt que recevoir un email comme 200 collègues et on sent qu’on est dans la boucle avec 3, 4 autres médias.

Plus de conseils pour que les RP soient capable de dire ce média est pertinent pour moi. C’est lui qui va être capable de me donner une place. Nous ca nous permet d’avancer vite.

On va pouvoir construire quelque chose d’intéressant.

9) Comment utilises-tu Babbler ?

Je reçois régulièrement le Daily Digest “Que s’est-il passé sur Babbler aujourd’hui”: j’y jette un oeil et si un contenu m’interpelle, je donne suite. Je ne vais pas vraiment sur Babbler en mode push : c’est probablement parce que je n’ai pas vraiment l’habitude et que c’est nouvelle méthode de travail qu’il faut intégrer dans notre quotidien.